Guatemala : enfants, montagnes et volcans

El NahualL’entrée au Guatemala

Je suis entré au Guatemala avec Anita, avec qui je partageais la route depuis quatre jours. Nos jours ensemble étaient cependant comptés, car à peine deux jours de vélo plus tard, on m’attendait à Quetzaltenango pour un premier épisode de volontariat. L’objectif en Amérique Centrale est de prendre le temps de connaître un peu plus ces pays qui seraient rapidement traversés si je ne faisais que du vélo. Le volontariat est une manière de se poser et d’apprendre.

Le poste frontalier était bondé de boutiques débordant sur la rue, rendant le chemin assez étroit. Il y avait beaucoup de circulation piétonne d’un côté et de l’autre, mais peu de voitures. Il faut rester aux aguets lors du processus administratif de sortie et d’entrée au nouveau pays, que je répéterai souvent au cours des prochains mois, naviguant à travers les changeurs d’argent et autres vendeurs.

Et nous voilà au Guatemala, partageant la route avec les tuktuks, ces minitaxis rouges au petit moteur bruyant. Au lieu de se faire dire bonjour par un « buenos dias » ou un « buenas tardes », on se fait dire « adios », adieu : changement de perspective… Pour l’anecdote, ici on dit « Buen provecho », bon appétit, à la fin du repas plutôt qu’au début. J’ai de la difficulté à m’habituer à me faire cirer « gringo » lorsque je passe en vélo, bien fort et bien persistant. Généralement ça passe, surtout quand cela vient des enfants, mais des adultes qui te crient « gringo » et quand c’est la cinquantième fois de la journée, c’est plus irritant.

Si le Mexique pouvait être bruyant, ici s’ajoute l’harmonie des chicken bus, ces autobus scolaires jaunes canadiens et états-uniens d’une autre époque, ne respectant plus les normes environnementales du Nord et donc envoyés au Sud, servant ici de transport interurbain. Ils sont repeinturés, décorés d’icônes et de messages religieux, et/ou abordant des designs de flammes, de dents pointues ou autres signes de « je suis le maître de la route ». On y monte à la hâte, sous les cris du copilote et les hommes y descendent sans que l’autobus ne s’arrête complètement. Inhaler la fumée noire et bleue lorsqu’il accélère à côté de moi est un moment zen.

La première nuit guatémaltèque a été passée chez Madrid, un Warmshowers à Huehuetenango. Bien impliqué, il participe à un mouvement d’initiative masculine contre le machisme. Micaela, une cycliste californienne, était également hébergée chez Madrid. Anita restera avec elle une journée de plus alors que je m’élançais vers Quetzaltenango.

Volontariat à El Nahual

Deuxième plus grande ville du Guatemala et portant le surnom plus simple de Xelá, Quetzaltenango fut pendant deux semaines le lieu où j’ai fait du volontariat à El Nahual. Il s’agit d’un centre communautaire offrant des programmes éducatifs à la population locale et des cours d’espagnol aux étrangers. J’aidais principalement à l’aide aux devoirs pour les enfants se présentant au centre en après-midi. J’ai également mis au point une dizaine de bicyclettes et réalisé une vidéo de présentation qu’ils utiliseront pour attirer plus de volontaires et de donateurs. À voir ci-bas!

Il ne fait pas toujours chaud sous les tropiques! Sitôt le soleil couché, il fait froid dans cette ville à 2300 mètres d’altitude. Ma chemise blanche et bleue qui m’a suivi depuis le début du voyage étant maintenant en lambeau, j’ai dû aller m’acheter de quoi me tenir au chaud. Sincèrement, il n’y a que les vêtements que La Cordée m’a fournis qui résistent encore à ces huit mois de vélo.

Familia XelaDe plus, c’était plutôt étrange d’avoir sa petite routine stable pour deux semaines, son même chemin pour aller au centre communautaire, sa boulangerie préférée, voir le même monde dans la rue et les mêmes chiens bougons allongés sur les trottoirs. J’étais hébergé par une famille d’accueil avec deux enfants adorables. Le temps a passé trop vite et je retournais déjà sur la route.

Le Guatemala touristique et le moins connu

Alors qu’Anita restait à Xelá pour suivre des cours d’espagnol, j’ai eu des nouvelles de Micaela et nous nous sommes rejoint à Panajachel pour 6 jours de voyage ensemble. Elle montait vers le nord pour aller au Petén et moi je voulais contourner la Ciudad de Guatemala pour éviter un peu le smog de la PanAm.

IMG_3393Le smog recouvrait également le lac Atitlán lorsque je me dirigeais vers Panjachel. Je ne pouvais même pas voir les trois célèbres volcans de l’autre côté. Heureusement, les choses se sont posées le lendemain et nous avons pu profiter d’une vue sublime en quittant Panajachel par une route secondaire, bien heureux de quitter cette ville où l’on nous prend pour des dollars ambulants lors de sollicitations quasi agressives.

On n’avance pas très vite au Guatemala, du moins sur les routes que nous avons prises. Les montagnes vont dans tous les sens, et les routes s’y propulsent directement sans chichi.

Nous avons pris une journée de repos à Antigua, ancienne capitale du pays et dévastée par des tremblements de terre. L’amateur de ruines d’églises et autres bâtiments historiques appréciera. Aller se perdre dans le vaste marché public est aussi intéressant. Alors que nous nous dirigions vers un petit café en soirée, on a tenté de nous voler, d’une manière plutôt amateur, qui a heureusement échoué. Nous avons évité l’homme qui jouait le saoulons me tombant dessus et son comparse qui nous attendait de l’autre côté de la rue, en retournant vers le parc central.

Direction Nord, où les choses seront plus calmes. Grâce aux gardes qui nous ont accueillis, nous avons pu camper paisiblement à Mixco Viejo, un site archéologique maya, l’un des rares étant habités lors de la Conquête espagnole. Nous avions le site à nous seuls, bien que nous ne soyons pas si loin en voiture de la capitale. Par la suite, la route se détériorait, zigzaguant entre les nids de poule dans les descentes, ou parcourant une piste rocailleuse alors que sur ma carte, on aurait pu croire à une route pavée. Ces routes abruptes nous ont fait suer, mais aussi découvrir des petits villages forts agréables.

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Museo RabinalNous avons définitivement retrouvé l’asphalte à Rabinal, dans une région ravagée par la guerre civile qui a atteint une pointe de massacre au début des années 80. Un émotif petit musée présente les événements à travers les portraits de personnes tuées.

À Salamá, j’ai quitté Micaela. Je ne peux aller plus au nord et dois me diriger plutôt vers El Salvador. À partir de là, les choses ont été un peu plus directes, sprintant dans une large et chaude vallée, suite à une douce descente d’une vingtaine de kilomètres. Cette vallée se dirigeait jusqu’au port de la côte de Caraïbes, mais j’ai bifurqué vers le poste frontalier d’Anguiatu, sentant à peine quelques effluves de ce côté du pays que je n’aurai pas visité, couleur de peau plus foncée et reggae sortant des voitures.


Parcours cycliste 2012442 – powered by Bikemap

 

 

Une réflexion au sujet de « Guatemala : enfants, montagnes et volcans »

  1. Toujours intéressant de te suivre sur des routes déjà fréquentées mais que j’ai un peu oubliées. Il y a si longtemps, plus de 20 ans, 23 exactement!

    Moi je suis de retour au pays dans e froid et la misère nordique depuis mardi le 12. Appelle-moi sur SKYPE lorsque tu seras chez Guillaume. Si possible…

    Et bonne route encore.
    Nicole

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